Niveau d'étude
Bac +3
Crédits ECTS Echange
3.0
Composante
UFR Sciences de l'Homme et de la Société (SHS)
Période de l'année
Printemps (janv. à avril/mai)
Description
Le cours de sociologie de l’innovation propose une lecture critique des processus d’innovation, en rupture avec les approches déterministes ou technocentrées. Il s’ouvre par une introduction aux perspectives historiques et critiques, puis explore plusieurs courants théoriques majeurs : la sociologie des techniques et des usages, les approches constructivistes, la théorie de la traduction (ANT), et les sociologies pragmatiques de l’action située et de la justification. La sociologie des usages met l’accent sur la manière dont les individus s’approprient, détournent ou réinterprètent les dispositifs techniques au quotidien. Les approches par la traduction insistent sur les processus relationnels entre acteurs humains et non-humains, et sur la transformation progressive des dispositifs par mise en réseau. La sociologie pragmatique permet quant à elle de dépasser les oppositions structurelles, en se concentrant sur les épreuves concrètes, les justifications, et la pluralité des valeurs en jeu.
Au fil des séances, les étudiant·es sont amené·es à analyser des cas d’innovation à travers des grilles conceptuelles mobilisant les notions d’appropriation, de scripts d’usage, d’affordances, de controverses, ou encore de régimes de justification. Des séquences pratiques complètent l’analyse théorique permettant aux étudiant.e.s de mobiliser ces outils dans des enquêtes situées.
Objectifs
Ce cours vise à donner aux étudiant·es les outils conceptuels et méthodologiques nécessaires pour analyser les innovations comme étant le produit de processus sociaux complexes, en étudiant leurs conditions d’émergence, leurs controverses, leurs usages et leurs régimes de légitimation
Compétences visées
Analyser une innovation comme un processus collectif et conflictuel, non linéaire, impliquant des acteurs variés (humains et non-humains).
Décrypter les scripts d’usage et comprendre les formes d’appropriation sociale des technologies.
Identifier et cartographier les réseaux d’acteurs dans une dynamique d’innovation, en appliquant les étapes de la sociologie de la traduction.
Mobiliser des régimes de justification et des formes de valeur pour interpréter les discours d’acteurs dans une logique d’évaluation.
Adopter une posture critique vis-à-vis du solutionnisme technologique, en contextualisant les usages et les conceptions dans leur environnement sociotechnique.
Bibliographie
Akrich, M., Callon, M., & Latour, B. (2006). Sociologie de la traduction : Textes fondateurs. Paris : Presses des Mines.
Bijker, W. E., Hughes, T. P., & Pinch, T. (Eds.). (1987). The Social Construction of Technological Systems: New Directions in the Sociology and History of Technology. Cambridge, MA: MIT Press.
Boltanski, L., & Thévenot, L. (1991). De la justification : Les économies de la grandeur. Paris : Gallimard.
Callon, M. (1986). « Éléments pour une sociologie de la traduction ». L’Année Sociologique, 36, 169-208
Certeau, M. de. (1980). L’invention du quotidien. Tome 1 : Arts de faire. Paris : Gallimard.
Jouët, J. (2000). « Retour critique sur la sociologie des usages ». Réseaux, 100, 487-521.
Latour, B. (1991). Nous n’avons jamais été modernes. Paris : La Découverte.
Law, J. (1992). Notes on the theory of the actor-network: Ordering, strategy and heterogeneity. Systems Practice, 5(4), 379–393.
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