Histoire du droit des obligations II

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Descriptif

La théorie des obligations est à l’origine non seulement du droit civil, mais du droit tout entier : le droit commercial, le droit administratif, le droit international, privé ou public, sont à base de rapports obligatoires, et il n’est nullement exagéré de dire que le concept obligationnel constitue l’armature et le substratum du droit et même, d’une façon plus générale, de l’ensemble des sciences sociales.

La pérennité de ce concept s’explique par cette circonstance que la matière des obligations est une des plus abstraites, et partant des plus interchangeables qui soient ; les mêmes règles peuvent convenir à des sociétés qui ont, sur le droit des personnes, ou sur l’organisation de l’État, les idées les plus variées. Cependant, il faut se garder de raisonner d’une manière étroitement logique en détachant les règles du milieu social auquel elles appartiennent. S’il est vrai que la technique juridique a conservé en cette matière l’empreinte du droit romain, il ne faudrait pas croire que notre conception de l’obligation soit en tous points semblable aux principes romains. Ce qui reste vrai, c’est que certaines règles morales, certains besoins économiques, existent partout et à toute époque.

Certes, les Romains ont fait accomplir d’immenses progrès à la notion d’obligation. Mais pas plus qu’ils n’ont élaboré une théorie générale du contrat, ils n’ont dégagé un principe général de responsabilité. C’est seulement dans l’ancien droit, sous l’influence des canonistes et plus tard de l’École du droit naturel, qu’apparaît la théorie des obligations. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les jurisconsultes laïciseront les règles religieuses et, sur les textes des Institutes et du Digeste, présenteront une théorie qu’utiliseront ensuite les Rédacteurs du Code civil. Il ne s’agit donc pas d’une théorie romaine, mais d’une théorie construite avec des éléments empruntés au droit romain.

Informations complémentaires

Langue(s) : Français